
Préemption et délaissement : retour sur la notion d’abus d’autorité
Publié le :
27/03/2025
27
mars
mars
03
2025
Selon l’article 432-1 du Code pénal, le fait, pour une personne dépositaire de l’autorité publique et agissant dans l’exercice de ses fonctions, de prendre des mesures destinées à faire échec à l’exécution de la loi, est passible d’une peine portée à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.
En l’espèce, une commune avait préempté des locaux commerciaux en 2014, avant d’y renoncer en 2016. En 2017, le propriétaire avait demandé à la commune d’acquérir le bien en usant de son droit de délaissement, en application des articles L.311-2 et L.230-1 du Code de l’urbanisme. En l’absence d’accord amiable dans un délai d’un an, la société avait saisi le juge de l’expropriation en 2018, pour qu’il prononce le transfert de propriété, et fixe le prix de vente.
Cependant, par délibération en mai 2019, la commune avait décidé de modifier le périmètre de la zone d’aménagement concerté pour en exclure le centre commercial dans lequel se trouvaient les locaux. La société avait alors déposé plainte entre les mains du procureur de la République. Soupçonné d’avoir pris ces mesures pour éviter des obligations financières, le maire avait été mis en examen pour abus d’autorité, avec son directeur général des services pour complicité. Tous deux contestent leur mise en examen.
Dans une décision du 19 mars 2025, la Cour de cassation affirme que l’article 432-1 susvisé sanctionne seulement les décisions empêchant directement l’application de la loi. L’exercice et la renonciation au droit de préemption par un maire, même irréguliers, n’entrent pas dans ce cadre. De même, la modification d’une zone d’aménagement concerté, relevant d’une appréciation d’opportunité, ne constitue pas un obstacle direct à la loi sur le délaissement.
Par conséquent, la haute juridiction prononce la nullité de la mise en examen du maire, du chef d’abus d’autorité, et celle de son directeur général du chef de complicité d’abus d’autorité.
Lire la décision…
Historique
-
Clause de préciput et clause de tontine : quelles différences ?
Publié le : 28/03/2025 28 mars mars 03 2025Fiches pratiquesFiches pratiques / CivilDans le cadre d’une succession « classique », sans enfant d’une précédente union, le conjoint survivant aura le choix entre la totalité des biens e...
-
Remise en état d’une parcelle : les communes peuvent solliciter la démolition en référé !
Publié le : 27/03/2025 27 mars mars 03 2025URBANISMECass. civ 3ème du 20 mars 2025, n°23-11.527 En vertu de l’article L480-14 du Code de l’urbanisme, la commune a le pouvoir de saisir le Tribunal...
-
Préemption et délaissement : retour sur la notion d’abus d’autorité
Publié le : 27/03/2025 27 mars mars 03 2025PÉNALCass. crim du 19 mars 2025, n°24-83.719 Selon l’article 432-1 du Code pénal, le fait, pour une personne dépositaire de l’autorité publique et ag...
-
Forfait jours et déduction de cotisations : pas besoin d’accord collectif après 2012
Publié le : 27/03/2025 27 mars mars 03 2025PROTECTION SOCIALECass. civ 2ème du 20 mars 2025, n°23-12.666 La Cour de cassation rappelle les conditions d'application de la déduction forfaitaire de cotisation...